
Marie Pic,
lauréate du prix du jury 2026
Chaque année, notre art prize met en lumière la vitalité de la céramique contemporaine en soutenant de jeunes artistes émergent·es, exposé·es notamment à l’entrée de la foire. parmi les prix remis aux lauréat·es, le prix spécial du jury attriue à une·e artiste un espace d’exposition lors de l’édition suivante. En 2026, c’est l’artistes Marie Pic qui l’a emporté. Six mois après, nous lui avons posé quelques questions.
Comment la céramique s'est-elle imposée dans votre pratique, et qu'est-ce qui vous attire dans cette matière ?
MP J’ai décidé que la céramique serait mon médium au cours de mes études à l’Ensad de Limoges. L’usage des outils numériques, tout comme l’expérience de la gravure et de l’eau-forte, ont naturellement investi mon travail de la terre. J’ai commencé par appliquer des oxydes au crayon directement sur le grès, avant que mes dessins ne gagnent en épaisseur grâce à l’ajout de colombins, se transformant alors en bas-reliefs. Mes compositions, conçues à partir de patrons en papier ou de règles sur mesure que j’invente pour reproduire à grande échelle un langage fait d’arabesques et de symétries bourgeonnantes, accueillent des signes et des motifs liés à mon histoire personnelle. L’ampleur des pièces a, elle aussi, progressivement évolué vers de grands formats.
L’émaillage est dans mon travail une étape aussi importante que le modelage. Les couleurs d’émaux que je choisis se situent souvent dans une gamme métallique, ce qui me permet de renforcer mes intentions dans le modelage, notamment lorsque je cherche à évoquer des ferronneries, des encadrures de portes ou des portails. J’utilise également des émaux aux teintes vert d’eau, bleu ou turquoise, que je sélectionne pour leur caractère minéral. Ce sont des couleurs qui renforcent elles aussi mes intentions quand je représente des éléments de bijoux et d’accessoires du XIXe siècle où dialoguent émaux bleus et saphirs.
“Je développe actuellement de nouvelles nuances d’émaux et travaille à une série de bas-reliefs inspirés de dessins de bijoux et d’accessoires de la fin du XIXe siècle, que je présenterai à ceramic brussels 2027.”
Marie Pic
Lors de l’édition 2026, vous avez gagné le prix du jury, qu’est-ce que cette reconnaissance a changé pour vous, concrètement ?
MP Le prix du jury inscrit ma pratique dans une reconnaissance de mon travail. Je suis très reconnaissante vis-à-vis du jury de l’attribution de ce prix, mais également des rencontres que j’ai pu faire pendant ceramic brussels 2026. Je reçois plus d’opportunités et de visibilité internationale depuis, ce qui me permet de réaliser des pièces plus ambitieuses, mais également de faire des recherches de formes et d’émaux dans de nouveaux contextes enrichissants. C’est un grand soutien pour mon travail et ma pratique.
Que préparez-vous pour votre solo show à ceramic brussels 2027 ?
MP L’exposition s’inscrira dans la continuité de mes recherches autour du bas-relief. Ils seront réalisés à partir de sampling d’images et de dessins. Je vais réaliser une grande partie des pièces lors d’une résidence de 3 mois au CCCA de Yixing en septembre. C’est une résidence qui m’a été attribuée par Jacques Kaufmann lors de l’édition 2026. Je compte développer de nouvelles nuances d’émaux et réaliser un ensemble de bas-reliefs inspiré par des dessins de bijoux et d’accessoires de la fin du XIXe siècle pour l’exposition à ceramic brussels 2027.

© Lisa Frisco - Fondation Bruckner 
© Lisa Frisco - Fondation Bruckner 
© Romain Blanck
